Vers une remontée des taux d'intérêts ?

Selon les principaux experts, une remontée des taux d’intérêts en Europe est attendue fin 2018 / début 2019. Aux Etats-Unis, elle a déjà lieu depuis 2014 et les marchés misent sur quatre hausses des taux d’intérêts par la Réserve Fédérale Américaine pour l’année 2018.
Cette remontée met fin à un long cycle de baisse des taux d’intérêts.

Les taux d’intérêts traduisent le niveau d’inflation attendu par les marchés. Après un mouvement de désinflation dans les années 80/90, amplifié par la révolution numérique et la crise économique et financière de 2008, les banques centrales n’avaient pas d’autres choix que de baisser les taux afin d’éviter un choc déflationniste.

En effet, en Janvier 2008, la Fed décide de baisser drastiquement ses taux d’intérêts, suivie, entre autres, de la Banque Centrale Européenne et de la Banque Nationale Suisse. Des politiques d’assouplissement quantitatif (Quantitative Easing), c’est à dire de rachat de dettes par les banques centrales, ont également eu lieu. Ces politiques monétaires, sont dites accommodantes (voir ultra-accommodantes) car elles permettent de soutenir une reprise économique. Effectivement, une baisse des taux d’intérêts et une injection de liquidité (via le programme d’assouplissement) ont pour but de relancer la consommation ainsi que les investissements via une stabilité des prix et une facilitation des conditions d’octroi de crédits.

Aujourd’hui, la perspective d’une remontée de l’inflation, accompagnée d’une reprise économique, accentue l’idée d’une remontée des taux. En Suisse, par exemple, le niveau de prix augmente graduellement (+ 0.7% pour l’indice des prix à la Consommation depuis un an), et la Banque Nationale Suisse prévoit que ce dernier atteindra 2% d’ici 2020. Aux Etats-Unis, où l’inflation s’est largement accélérée, le rendement des obligations du Trésor a pratiquement doublé depuis 2014 et a franchi la barre des 2,8%, revenue au plus haut depuis quatre ans.

Une remontée des taux d’intérêts peut s’accompagner de risques importants, surtout si elle est brutale. Une hausse des taux signifie une hausse généralisée des coûts de financement, notamment en raison de l’augmentation des charges des dettes, pouvant ainsi poser problème pour les Etats fortement endettés, mais aussi pour les entreprises et particuliers.

La hausse des taux a également un impact sur les marchés boursiers, monétaires, de matière première et immobiliers. En effet, en théorie, une remontée des taux d’intérêts a un impact positif sur les monnaies, qui s’apprécient en raison d’une demande plus importante, et donc par ricochet sur les matières premières libellées en devise. L’impact sur les actions est négatif, puisque les conséquences directes sont des valorisations d’entreprise moins élevées. Enfin, la hausse a un impact sur l’immobilier à travers le taux de capitalisation et le taux hypothécaire.

Pour l’instant, la hausse des taux est dans un sens maitrisée, avec des marchés qui s’y préparent.

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