La monétisation des données personnelles

Près 29'000 gigaoctets de données sont publiées sur internet dans le monde à chaque seconde. L'exploitation marchande et la monétisation de ces données personnelles sont au coeur du débat.

Qualifié d’« or noir »,  le marché d’exploitation des données personnelles explose. Aujourd’hui, 29'000 gigaoctets de données sont publiées sur internet dans le monde à chaque seconde. Chaque site internet et moteur de recherche peut ainsi exploiter les données publiées par ses utilisateurs, après les avoir agréées.

Tous types de données peuvent être exploités et donc avoir de la valeur : que ce soit les données d’identité, les historiques de recherche, les sites visités, les personnes et marques suivies, etc…

L’agrégation des données personnelles publiées ouvre deux opportunités aux entreprises :

- L’analyse de ses dernières à des fins opérationnelles, grâce aux progrès effectués en Big Data, afin de mieux connaître les clients et leurs habitudes, optimisant ainsi les affaires des entreprises.

- Mais également, la vente de ses dernières à d’autres entreprises intéressées.

Dans ce cas de figure, le consommateur n’est plus un simple consommateur mais devient également producteurs (voir article "La transition B2C to C2B" ).

En effet, la vente des données représente un véritable business lucratif. Une étude de Ponemon Institute, réalisée en 2015, montre que pour l’ensemble des consommateurs à travers le monde, les données personnelles ont une valeur moyenne de 17.98 €, 33.03 € si elles incluent des informations bancaires, et 69.55 € pour des identifiants et mot de passe. En outre, selon la dernière étude d’IDC, le CA mondial issu des activités de Big Data serait estimé à + de 187 milliards de dollar à horizon 2019, une hausse de plus de 50% par rapport à 2015.

Certaines entreprises en ont carrément fait leur activité principale, on les appelle les « data-broker ». Les data-brokers captent les données laissées par les utilisateurs sur internet, les croisent et les analysent via des technologies innovantes pour les revendre sans proposer aucun service réel aux particuliers.

Malheureusement, l’exploitation de ces données se faisait souvent à l’insu du consommateur qui ne connaissait pas exactement leurs impacts. En effet, dans la majorité des cas, le consentement de l’utilisateur pour l’exploitation de ses données s’effectue via l’acceptation des conditions générales d’utilisation, qui sont très souvent longues, peu clairs et donc très peu lues.

Mais aujourd’hui, les utilisateurs se sentent de plus en plus concernés et accordent plus de poids à leurs données : de très nombreux débats et initiatives ont vu le jour concernant la protection des données personnelles. Par exemple, le Think Tank français Génération Libre propose de permettre aux internautes de faire payer leurs données. Ils pourraient choisir parmi 3 options : un refus total d’utilisation des données, la location temporaire des données ou la cession définitive. Certaines start-ups, telles que People.io, CizenMe, et Kwaled, proposent un principe similaire aux particuliers, et donc de monétiser eux-mêmes leurs données en les transmettant aux entreprises intéressées, contre une certaine rémunération.

Du côté de la législation, il y a également eu un certain réveil, le nouveau Règlement Générale sur la Protection des Données en est le parfait exemple puisque son but premier et de conférer plus de droits aux utilisateurs sur leurs données.

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