Investir dans l'art ?

Avec un volume de vente atteignant les 56 milliards, des rendements conséquents et aucune corrélation aux marchés financiers, l’art est considéré aujourd’hui comme une classe d’actifs à part entière et une valeur refuge par un grand nombre d’investisseurs. Quelles sont les caractéristiques de cette dernière ?

Le marché de l’art continue toujours d’attirer : selon une étude d’UBS et de Art Basel (The Art Market 2017), les ventes d’œuvres d’art ont totalisé 56,6 milliards de dollars en 2016. Si initialement, seulement certains collectionneurs et passionnés s’y intéressaient, l’art est considéré aujourd’hui comme une classe d’actifs à part entière par un grand nombre d’investisseurs. Selon le rapport Art et Finance 2016 de Deloitte, 73% des gestionnaires de patrimoine en 2016 (contre 58% en 2014) ont déclaré que leurs clients souhaitent inclure des actifs ayant trait aux objets d’art ou de collection dans leur patrimoine afin de bénéficier d’une vue consolidée de leur fortune et 72% des collectionneurs d’art ont déclaré avoir acheté de l’art pour la passion mais aussi dans un but d’investissement. Il existe même un indice qui leur est propre : le Mei Moses, qui donne l’évolution du marché de l’art ainsi qu’une base de données mondiales du cours des pièces d’art : ArtPrice. L’indice le Mei Moses Annual All Art a d’ailleurs actuellement une croissance largement supérieure à celle du Nasdaq.

Malgré la crise financière de 2009, le prix des œuvres échangées en ventes publiques a augmenté de 91% entre 2000 et 2016 contre une performance de +40% pour le S&P500, +54% pour le DAX ou une contre performance de -22% pour le CAC 40. Le marché de l’art contemporain, en volume, a quant à lui progressé de 1.200% depuis 2000. En novembre dernier, « Salvator Mundi » de Léonard de Vinci s’est vendue à 450,3 millions de dollars, la positionnant ainsi comme la toile la plus chère au monde.

Suite à cet attrait pour l’art, de nouveaux acteurs et produits d’investissement sont apparus pour permettre de répondre à l’importante demande. Par exemple, les fonds d’investissement spécialisé en œuvres d’arts ont vu leur nombre explosé ces dernières années. Ces derniers permettent notamment d’investir dans l’art de manière indirecte avec des budgets moins conséquents. En Suisse Romande, nous assistons depuis peu à l’essor d’une nouvelle offre : l’art lending qui offre aux investisseurs un instrument obligataire garanti par des œuvres d’art.

 

Considéré comme valeur refuge, l’art est un bien tangible, non corrélé aux marchés financiers (avec un beta de l'ordre de 0,2 - 0,3). Les rendements sont intéressants et peuvent atteindre les 15% annuels. Il a été également démontré que sur des périodes d’inflation élevé, l’art a réalisé des performances historiques. Mais c’est un placement qui doit être fait sur le long terme, car il est très volatile sur le court terme et très peu liquide. Selon ArtPrice, si on conserve son bien plus de 5 ans, il est possible de profiter d’une revalorisation allant jusqu’à 7,5 % par an pour un investissement en direct, et 12 % en moyenne pour les fonds d’investissement.

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