Euro, Dollar, quid ?

Le mois de février a été marqué par une baisse quasi-continue du cours euro/dollar. Ralentissement du taux d’inflation européen, risques politiques, perspectives optimistes de l’économie américaine, et amélioration de la confiance des consommateurs aux US sont quelques raisons explicatives de cette chute.

Le mois de février a été marqué par une baisse quasi-continue du cours euro/dollar. Cette chute peut être expliqués par plusieurs raisons.

Du côté de l’euro, cela peut être expliqué par le ralentissement de l’inflation en février dont le taux est passé de 1.3% en janvier à 1.2% en février selon l’Office Européen des Statistiques dans une 1ère estimation publiée le 28/02. Les pressions sur les prix européens restent donc faibles malgré une accélération de la croissance économique et la hausse des salaires. Ce ralentissement crée des inquiétudes dans le sens où l’objectif des 2% souhaité par la Banque Centrale Européenne est encore compromis. Cette dernière devrait donc encore maintenir sa politique très accommodante pendant un certain temps, rendant l’euro toujours moins rémunérateur et donc moins attractifs pour les investisseurs. D’un point de vue politique et selon plusieurs experts, les pressions baissières sur l’euro sont également liées aux échéances électorales. En effet, que ce soit en Allemagne avec le SDP qui pourrait bien conduire à un nouveau vote ou en Italie avec le mouvement 5 étoiles, les incertitudes politiques sur la zone euro sont nombreuses.

À l’inverse, le dollar se porte relativement bien depuis quelques temps. Le dernier discours de Jérôme Powell (27/02), nouveau président de la FED, devant le congrès américain, a accentué cette tendance. En effet, le nouveau président s’est montré confiant dans l’économie américaine et le retour de l’inflation, avec des perspectives optimistes. Il a également confirmé que la FED allait poursuivre la hausse graduelle de ses taux d’intérêts. D’ailleurs, les marchés commencent à spéculer sur quatre hausses des taux directeurs cette année au lieu des trois attendues. À l’inverse de l’euro et des politiques ultra-accommodante de la BCE, la hausse des taux d’intérêts par la FED rend le dollar plus attractif, avec des offres de rendements plus intéressantes. Le dollar tire également parti d’une amélioration importante de la confiance des consommateurs américains, qui s’est établie en Février à son niveau le plus élevé depuis la fin des années 2000. Cependant, cette tendance baissière du cours EUR/USD pourrait être déstabilisée sur un futur proche. En effet, ce Jeudi (01/03), le cours du dollar reculait, après avoir atteint mercredi (28/02) un pic haussier à la clôture face à l’euro (non-atteint depuis la mi-janvier). Certains experts pensent que cela est partiellement dû à l’annonce du président Trump sur le fait qu’il fera des déclarations la semaine prochaine sur l’imposition de droits de douanes sur l’acier et l’aluminium, position déjà très controversée sur la scène internationale.

Ce solide rebond de la paire EUR/USD pourrait perdurer, se corriger, ou carrément repartir dans le sens inverse comme depuis le début d’année. Affaire à suivre…

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